FOCUS

Sabine Cibert - Ecrits : Focus sur...

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Focus sur Reminiscences

« …Il donne à voir le jeu subtil entre transparence et opacité, de la même façon que nous le retrouvons dans une autre pièce intitulée Réminiscences qui a la particularité de faire corps avec le mur, comme si support et œuvre se confondaient, renforçant l’idée du palimpseste.

Réminiscences, outre sa référence à Kandinsky, projette un infini, le damier noir et blanc ne cessant de reposer la question de l’origine. Sans doute ces impressions sont-elles entretenues par le travail sur l’envers, utilisant la technique d’assemblage dite kuna mola  ou appliqué inversé  qui est une sculpture sur tissus produite traditionnellement par les femmes amérindiennes, inspirée de dessins géométriques dont elles s’ornaient le buste nu. Réminiscences ainsi que les Espace-temps proposent donc une belle définition de créer  : d’abord, initier un rapport au(x) monde(s), au(x) langage(s) et aux savoir-faire puis s’en détacher ; ensuite, garder le double principe d’harmonie et de respiration de l’œuvre, constituant sans doute un accès au sacré, du moins à la sublimation… »

Focus sur Transition

Le monde imaginé par la plasticienne est fait de transition, intitulé d’ailleurs de l’un de ses travaux les plus marquants. Même le vide entre les panneaux travaille : les lignes sautent pour ainsi dire d’un rivage à l’autre, simulant par leurs teintes allant du bleu au brun en passant par le beige, les différents états de la matière, sèche ou humide, sableuse ou compacte, sa profondeur et sa surface. A observer le panneau gauche, les vaguelettes partent du bord, d’une origine, comme hissant l’invisible au visible. En revanche, dans le panneau de droite, aucune ligne n’arrive en butée. Quelque chose néanmoins se poursuit, ruban de tissu, tige, fréquence, qu’importe ! Leurs vibrations atteindront tous ceux qui auront consenti à l’inattendu, écoutant et regardant – les deux ! – ce nouveau « Temps des chiffons », traduction littérale de « Ragtime », genre musical, et tableau de Theo van Doesburg dont Sabine Cibert s’est inspiré mais qu’elle a si librement interprété en recueillant et assemblant ses « bouts » d’improbables. »…Il donne à voir le jeu subtil entre transparence et opacité, de la même façon que nous le retrouvons dans une autre pièce intitulée Réminiscences qui a la particularité de faire corps avec le mur, comme si support et œuvre se confondaient, renforçant l’idée du palimpseste.

Chantal Danjou
poète, romancière et essayiste
janvier 2017

Focus sur Instants